Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Homère
O riches de la terre, à tout homme qui pleureEt qui, les yeux baissés, vous dit tout bas : « J’ai faim ! »Il faut vous montrer bons, et de votre demeureNe pas le renvoyer sans un morceau de pain.
Mais de vos charités préparez la meilleure,Lorsque c’est un poëte, hélas ! qui tend la main ;Pour lui prêter secours n’attendez pas qu’il meure :C’est un suprême effort, s’il s’expose au dédain !
Donnez donc ! car, qui sait, ô riches de la terre,O riches sans pitié, si ce n’est pas HomèreA qui vous refusez votre hospitalité ?
Donnez ! et votre aumône aura sa récompense :Oui ! s’il obtient de vous part à votre opulence,Il vous partagera son immortalité.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources