Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
La pauvreté
Mes bons et chers parents, mes bons et chers amis,Comment à vos conseils n’ai-je pas voulu croire ?Comment ai-je quitté les bords de notre Loire ?Moi qui vous aimais tant, comment vous ai-je fuis ?
C’est que mon front voulait des lauriers à tout prix,C’est qu’un spectre de feu passait dans ma nuit noire,Qui me criait de loin : « Suis-moi, je suis la Gloire,Suis-moi sans plus tarder, je t’attends à Paris ».
Hélas ! j’y suis venu sans nulle défiance,Et, le front couronné des fleurs de l’espérance,J’ai bondi dans ma joie et dans ma liberté.
Mais le spectre bientôt, jetant au loin son masque,A retourné vers moi sa face maigre et flasque.Et je l’ai reconnu ! — C’était la Pauvreté.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources