Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Sépulture de la poésie
Hélas ! ô poésie, est-ce que ta lumièreEst éteinte à jamais, comme on s’en est vanté ?Est-ce que tu mentais, quand, pour gagner la terre,Tu disais que ta vie était l’éternité ?
Celui qui, dans ton nom gardant sa foi première,Va rendant témoignage à ta divinité,Le monde le bafoue et lui jette la pierre,Comme au pauvre idiot qui court dans la cité.
O poésie, en toi nous avons confiance ;Mais pourquoi laisses-tu, sans prendre leur défense,Tes enfants les plus chers abreuvés de dégoûts ?
Viens ; il n’est que trop temps de confondre le monde :De la tombe où tu dors reparais, blanche et blonde ;Tes ennemis vaincus tomberont à genoux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources