Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
Un masque
Quand au jeune printemps sourit la jeune aurore,La lande aussi s’égaie et se met à fleurir ;Mais en stériles fleurs sa sève s’évapore :C’est une terre usée où rien ne peut mûrir.
Sur le plus noir chagrin la gaîté peut éclore,Mais le cœur déchiré continue à souffrir.Dans les salons parfois mon rire éclate encore,Et l’on me croit heureux. moi qui songe à mourir !
C’est que je ne veux pas que la foule me plaigne ;L’inconnu qui me plaint, je crois qu’il me dédaigne,Et mon orgueil s’indigne à cet affront sanglant.
Je ris sous ma douleur, pour partager ta palme,O noble enfant de Sparte, expirant fier et calmeSous la dent du renard qui te rongeait le flanc.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources