Sonnets et poésies, 1875· Seconde partie Poésies inédites 1834-1839· Sonnets nouveaux et triolets
Une nuit dans un cloître
C’est la nuit ; dans le cloître un air plus frais circule :L’église s’ouvre, après que l’office est chanté,Et les religieux au menton argenté,Une lampe à la main, regagnent leur cellule.
Chaque pas, régulier comme un son de pendule,Résonne sourdement, par l’écho répété,Et de rouges lueurs piquent l’obscurité,Comme des points de feu sur un papier qu’on brûle.
Ainsi que des corbeaux, en sursaut réveillés,S’envolent, en poussant de grands cris effrayés,La nuit et le silence ont fui du monastère ;
Mais bientôt tout s’éteint, la lumière et le bruit ;Aussi, d’un même vol, le silence et la nuitSont revenus dormir au couvent solitaire.
La Grande-Chartreuse, 29 juillet 1835
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources