Heures perdues, 1894
Jacques cartier
Marin, grande est ton œuvre et sans tache est ta gloire,Aussi l’écho puissant d’un siècle qui finitAux descendants des preux rappelle ta mémoire,Et, fils d’un grand passé, le présent te bénit.
Pourtant nul marbre ici ne redit ton histoire ;Mon regard cherche en vain ton nom sur le granit.Rien ne reste de toi sur ce haut promontoireOù par surprise, un jour, l’aigle anglais fit son nid !
Console toi ! Le Temps de sa puissante griffe,Attaquant sans remords le marbre pur y biffeLes grands noms qu’y grava le ciseau du sculpteur.
Mais dans nos cœurs tu peux des ans braver l’outrage.Jusqu’aux bornes du temps, sans souci du naufrage,Laisse voguer ta nef, ô grand navigateur !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Heures perdues, Paris, Imprimerie générale A. Côté, 1894· numérisation wikisource.org· Sources