Poésies, 1827
Le baiser
J’ai senti nos lèvres s’unir,De tes bras j’ai senti l’étreinte,Et tu m’abordes sans rougir !Et tu me parles sans contrainte !Hélas ! au calme de tes traits,À l’innocence de ton âme,Je le vois trop : tu l’ignorais,Le prix de ce baiser de flamme.
Tu l'as donné sans y songer,Comme un jeu que permet le monde,Comme en riant l’enfant légerJette une fleur au sein de l’onde.La fleur tombe, et sans reposerL’onde l’emporte dans sa fuite :Plût à Dieu que de ton baiserLa mémoire eût passé si vite !
Il a marqué d’un sceau brûlantLa place ou s’imprima ta bouche ;Il erre, il court dans tout mon sang ;Il me consume sur ma couche.En songe, il jette dans mon cœurMille espérances vagabondes ;D’amour, d’extase, de bonheur,Lui seul m’a révélé des mondes.
Espoir divin, bonheur trop cher,Dont l’impuissance me dévore,Ne serez-vous qu’un pâle éclair,Qui naît, qui brille, et s’évapore ?Ah ! reprends ton baiser cruel,Ou couvre-le d’autres sans nombre !Ne m’as-tu fait rêver le cielQue pour me replonger dans l’ombre ?
Versification
- Forme
- 4 huitains (huitains)
- Rimes
- 4(ababcdcd)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 4 huitains
- Mots à la rime
- a s’unir / rougir masculine, classiqueb l’étreinte / contrainte féminine, classiquec traits / l’ignorais masculine, classiqued âme / flamme féminine, classiquea songer / léger masculine, classiqueb monde / l’onde féminine, classiquec reposer / baiser masculine, classiqued fuite / vite féminine, classiquea brûlant / sang masculine, non classiqueb bouche / couche féminine, classiquec cœur / bonheur masculine, classiqued vagabondes / mondes féminine, classiquea cher / éclair masculine, classiqueb dévore / s’évapore féminine, classiquec cruel / ciel masculine, classiqued nombre / l’ombre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.3
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, AIME ANDRÉ lIBRAIRE, Paris, 1827· numérisation poesies.net· Sources