Œuvres complètes, 1625‑1660· Cantiques, hymnes, etc.
Epitaphe
Sur la mort de Honorat de Bueil, Fils de l’auteur, qui mourut page de la Reine l’année 1652, âgé de seize ans ou environ.
Ce fils dont les attraits d’une aimable jeunesseRendoient de mes vieux jours tous les desirs contens,Ce fils qui fut l’appuy de ma foible vieillesse,A veû tomber sans fruit la fleur de son printemps.
Trois mois d’une langueur qui n’eut jamais de cesseL’ont fait dans ce tombeau descendre avant le temps,Lors que, sous les couleurs d’une grande princesse,Son âge avoit à peine atteint deux fois huit ans.
Tout le siecle jugeoit qu’en sa vertu naissanteLa tige de Bueil, jadis si florissante,Vouloit sur son declin faire un dernier effort.
Son esprit fut brillant, son ame genereuse,Et jamais sa maison illustre et malheureuseN’en a receu d’ennuy que celuy de sa mort.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources