Œuvres complètes, 1625‑1660· Sonnets
Pour un more
De ces lieux où le chaud seiche la terre et l’onde,De ces champs où l’hyver ne fait jamais pleuvoir,Le renom d’Uranie et l’honneur de la voirM’ont fait conduire icy ma barque vagabonde.
C’est la seule clarté que je connois au monde ;Seule elle fait les loix que je veux recevoir :Ses yeux sont les seuls rois dont je crains le pouvoirEt la seule fortune où mon espoir se fonde.
Ils tiennent pour jamais mon destin arresté.Je renonce à ces champs dont l’éternel EstéNoircit nostre couleur de son ardeur extresme.
Mais qu’espere mon ame, ou qu’est-ce qu’elle craintLe soleil qu’elle fuit ne brusloit que mon teint,Et ceux qu’elle a trouvez me brusleront moi-mesme.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources