Œuvres complètes, 1625‑1660· Sonnets
Sur la maladie de sa maitresse
La fièvre de Philis tous les jours renouvelle,Et l’on voit clairement que cette cruautéNe peut venir d’ailleurs que du Ciel, irritéQue la terre possede une chose si belle.
Son visage n’a plus sa couleur naturelle,Il n’a plus ces attraits ny cette majestéQui regnoit tellement sur nostre libertéQu’il sembloit que les cœurs n’étoient faits que pour elle.
Faut-il que cette ardeur consume nuit et jourCelle qui d autre feu que de celuy d’amourNe devoit point souffrir l’injuste violence ?
O dieux ! de qui le soin fait tout pour nostre bien,Si mon affliction touche vostre clemence,Ou donnez-lui mon mal, ou donnez-moy le sien.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Racan, Paris, P. Jannet, 1857· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources