La Cité des eaux, 1902· Ode et poésies
Les cloches
Ce matin est si clair,‖ si pur et si limpideQue les cloches, qui l'ont‖ à l'aurore éveilléEn sa douceur soyeuse‖ et en sa fraîcheur vive,Semblent tinter au ciel,‖ où longtemps elle vibre,Une gamme d'argent‖ et de cristal mouillé.
Midi. Le fort soleil‖ accable la ramureEt verse ses rayons‖ sur les choses et pleutSa lumière éclatante,‖ impitoyable et dure ;Et les cloches, dans l'air‖ qui brûle leur murmure,Semblent fondre les gouttes d'or‖ de l'heure en feu.
Les cloches de ce soir‖ ont des rumeurs de bronzeComme si se heurtaient‖ entre eux des fruits d'airainEt, mûres maintenant‖ pour la nuit et pour l'ombre,Elles sonnent au fond‖ d'un ciel d'où filtre et tombeLa cendre qui succède‖ au crépuscule éteint.
Le jour renaîtra-t-il‖ de la nuit taciturne ?La vie est-elle morte‖ avec lui sourdement ?Vous entendrai-je encore,‖ ô cloches, une à une,Recommencer — Espoir, Amour, Regret — chacuneVotre bruit tour à tour‖ d'or, de bronze et d'argent ?
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La cité des eaux, Paris, SOCIÉTÉ DU MERCURE DE FRANCE, 1902· numérisation Project Gutenberg· Sources