La Cité des eaux, 1902· Quatre poèmes d’Italie
Les Scaliger
Ils dorment dans l'armure‖ et couchés sur le dos,Leurs mains jointes, pourtant,‖ ont l'air prêtes encoreA l'épée, et leurs yeux‖ que l'ombre eut peine à cloreGoûtent sournoisement‖ un sommeil sans repos.
Et celui-là, debout,‖ équestre, tout en hautDu pinacle ouvragé‖ que son bronze décore,Semble guetter au loin‖ quelque tragique auroreQue l'Adige au pont rouge‖ annonce dans ses eaux.
La vie a si longtemps,‖ furieuse et farouche,Menacé par leur geste‖ et crié par leur boucheQue l'écho vibre encor‖ du nom des Scaliger ;
Et, pour que de la mort‖ ils ne reviennent plusFouler tes dalles, ô‖ Vérone, il a falluEntourer leurs tombeaux‖ d'une grille de fer.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a dos / repos masculine, classiqueb encore / clore féminine, classiquea haut / eaux masculine, non classiqueb décore / aurore féminine, classiquea farouche / bouche féminine, classiqueb Scaliger / fer masculine, non classiquea plus / fallu masculine, équivalente
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.0· écart moyen à la rime classique 1.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La cité des eaux, Paris, SOCIÉTÉ DU MERCURE DE FRANCE, 1902· numérisation Project Gutenberg· Sources