Les jeux rustiques et divins, 1897· Aréthuse· Flûtes d’avril et de septembre
« J’ai conduit le cheval à travers les marais »
J’ai conduit le cheval‖ à travers les marais,Dit-il ; l’automne avec‖ les feuilles des forêtsAvait jonché la route‖ et comblé les fontaines ;Les durs sabots craquaient‖ sur la coque des faînes,Et je tenais la bride‖ en marchant près de lui,Et je ne voyais plus‖ les arbres dans la nuit,Et la route était longue‖ à travers le bois noir.Je tremblais d’être entré‖ par les portes du soirEt j’errais, anxieux‖ du gîte et de l’issue,Mais, peu à peu, j’ai vu‖ blanchir mes deux mains nuesEt le cheval ailé,‖ peu à peu, devint clairComme si se faisait‖ l’aurore dans sa chair ;La source jaillissait‖ sous son sabot divin ;Son envergure‖ éblouissait tout le matin,Prodigieuse avec‖ la forme d’une lyre.Une clarté sortait‖ de lui comme un sourireEt, toute la forêt‖ sachant que c’était lui,Les antres refermaient‖ leurs gueules sur la Nuit.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jeux rustiques et divins, Mercure de France, Paris, 1897· numérisation poesies.net· Sources