Les jeux rustiques et divins, 1897· Les roseaux de la flûte
L’Offrande
La maison reste blanche‖ entre ses noirs lauriers ;La pêche gonfle encor‖ sa gorge aux espaliersEt la grappe mûrit‖ parmi les pampres vertsEt le soleil couchant,‖ par les volets ouverts,Jaunit le mur de stuc‖ et le pavé de brique ;L’assiette d’étain clair‖ près de la lampe uniqueEst vide, hélas ! et l’huile‖ à jamais est tarie,Et, sur la table nue,‖ aucune rêverie,Ni songe souriant‖ ou fatigue amoureuse,N’accoudera‖ son geste las, ni, ténébreuseEt douce par le doux‖ regret d’avoir vécu,L’Ombre aux chers yeux fermés‖ de celle que tu fusEnfant, ne reviendra‖ hanter la maison vide ;Car tu es morte, toi,‖ de ne plus vouloir vivreEt tes mains en partant,‖ un soir, ont emportéLa coupe pour y boire‖ avec l’eau du LéthéL’oubli cruel et lent,‖ et tu as pris, ô Sage,L’obole pour payer‖ le funèbre passage,Et, pour que la nuit morne‖ et pour que l’ombre noireSoient douce à ta pensée‖ et douce à ta mémoire,Tu portes lentement‖ dans l’Érèbe sans aubeTa plus chère colombe‖ et ta plus belle rose !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jeux rustiques et divins, Mercure de France, Paris, 1897· numérisation poesies.net· Sources