Les jeux rustiques et divins, 1897· Les roseaux de la flûte
Le Combat
Si ta galère haute‖ au sable de la grève,Lasse du long voyage‖ ou de la course brèveDe ses voiles en ailes‖ sur les prés de l’eau,Enfonce l’éperon‖ de son dur bec d’oiseauEt crispe aux algues d’or‖ les serres de ses rames,Ô Voyageur vieilli‖ par l’écume des lamesQui poudra tes cheveux‖ du sel des flots marins,De ton pied nu posé‖ dans l’île aux cent cheminsFouleras-tu les fleurs,‖ heurteras-tu les pierres ?Est-ce le marais morne‖ ou la fontaine claireQui t’attire par son‖ silence de miroirOu sa chanson qui rit‖ en larmes dans le soir ?Iras-tu, pas à pas,‖ avec tes mains prudentes,Visiter la maison‖ et rallumer la lampeEt grave, heure par heure,‖ y attendre le jourOu, tragique, enivré‖ du péril où tu cours,Vers la grotte funeste‖ et l’antre monstrueux,Dans l’ombre formidable‖ où tu hurles comme eux,Belluaire divin‖ et fabuleux bourreau,Tordre la double corne‖ au front du noir taureau ?
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Alexandrins· profil 6÷6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les jeux rustiques et divins, Mercure de France, Paris, 1897· numérisation poesies.net· Sources