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un seul est le mot juste.

Caprices de boudoir, 1864· Égarements

XVI. La perle fraîche

Armand Renaud· 17 quatrains, octosyllabes, 68 vers

Je ne voudrais point lâchementTroubler ton âme, vierge pureQui passes sous le firmamentJetant au vent ta chevelure.

A souffler l'orage en ton cœurJ'aurais plus de deuil que de joie ;Dans la lutte une fois vainqueur,Je m'apitoîrais sur ma proie.

Aussi, dans mes aveux, ton frontNe puisera jamais ses fièvres ;Mes yeux plus d'une fois luiront,Rien ne sortira de mes lèvres.

Ou si je te donne un conseil,Ce sera de n'ouvrir ton âmeQu'à la vertu, tiède soleil,Loin des tortures de la flamme.

Mais si tu sentais à ton tourLe désir d'apprendre la vie,De connaître le vaste amourDont tout pleure et que tout envie ;

Si, malgré les tourments nombreux,Malgré les risques du naufrage,Tu voulais, d'un pas valeureux,Te lancer à travers l'orage,

Au passé calme dire adieuPour l'âcre vertige où l'on tremble,Entrer dans le pays du feu,Plus bas et plus haut tout ensemble,

Viens chez moi me trouver un soir,Toute pâle de ta pensée,Et dis-moi : « Je voudrais savoir, »J'ai soif de l'ivresse insensée ; »

Ma chair palpite, mon cœur bat ; »L'essaim des désirs m'environne. »Emporte-moi vers le sabbat, »Effeuille toute ma couronne. »

Alors je me prosternerai.J'adorerai tes longues tresses,Ton sein que rien n'a défloré,Ta lèvre où dorment les caresses ;

Je te rendrai grâce à genouxD'avoir préféré le poètePour entrouvrir ces bras si doux,Pour écheveler cette tête.

Éden de pudeurs constellé !Anxiété ! Métamorphose !La neige au blanc immaculéMe demandant son premier rose !

Ce seraient d'infinis regards,Des confidences à voix basse,Des chants et des soupirs épars,Des ravissements dans l'espace ;

Toute l'extase des songeurs,Tous les voluptueux mystères,L'aurore aux timides rougeurs,Le volcan aux bouillants cratères.

Et quand bien même je devrais,La révélation finie,Ne jamais te revoir après,Jeune fille étrange et bénie,

Tu serais désormais pour moiLa vision que rien n'efface,Le rayon polaire, la loiQui s'impose au cœur, quoi qu'il fasse ;

Et jusqu'au jour du sort commun,Du départ pour les sombres grèves,Je conserverais ton parfumAu vase sculpté de mes rêves.

Versification

Forme
17 quatrains (quatrains)
Rimes
17(abab)
Mètre
Octosyllabes
Strophes
17 quatrains
Mots à la rime
a lâchement / firmament masculine, classiqueb pure / chevelure féminine, classiquea cœur / vainqueur masculine, classiqueb joie / proie féminine, classiquea front / luiront masculine, classiqueb fièvres / lèvres féminine, classiquea conseil / soleil masculine, classiqueb âme / flamme féminine, classiquea tour / amour masculine, classiqueb vie / envie féminine, classiquea nombreux / valeureux masculine, classiqueb naufrage / l'orage féminine, classiquea adieu / feu masculine, classiqueb tremble / ensemble féminine, classiquea soir / savoir masculine, classiqueb pensée / insensée féminine, classiquea bat / sabbat masculine, classiqueb m'environne / couronne féminine, classiquea prosternerai / défloré masculine, classiqueb tresses / caresses féminine, équivalentea genoux / doux masculine, classiqueb poète / tête féminine, classiquea constellé / immaculé masculine, classiqueb Métamorphose / rose féminine, classiquea regards / épars masculine, classiqueb basse / l'espace féminine, classiquea songeurs / rougeurs masculine, classiqueb mystères / cratères féminine, classiquea devrais / après masculine, classiqueb finie / bénie féminine, classiquea moi / loi masculine, classiqueb n'efface / fasse féminine, classiquea commun / parfum masculine, classiqueb grèves / rêves féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

68 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Caprices de boudoir, Paris, F. Sartorius, 1864· numérisation gallica.bnf.fr· Sources