Poésies, 1860· Les nuits persanes· Gul et bulbul
Bulbul et le Merle
LE geai bleu‖ qui bavarde et qui tranche,Le coucou‖ qu'on entend sans le voir,Le pivert‖ voltigeant sur la branche,De Bulbul‖ font leur jeu chaque soir.
Et troublant‖ le rêveur au chant triste,Un vieux merle,‖ oiseau noir et siffleur,Tant qu'il peut,‖ va criant : « Pauvre artiste,A quoi bon‖ vivre ainsi de douleur ?
« Ne peux-tu‖ laisser là l'indocileQui t'afflige‖ en disant toujours non ?D'autres fleurs‖ ont l'accès plus facile.Si tu veux,‖ je connais plus d'un nom. »
Le chanteur‖ lui répond : « Tous mes rêvesVers la Rose‖ à jamais s'en iront.Dieu, qui fait‖ mourir l'eau sur les grèves,Tient mes yeux‖ arrêtés sur son front.
‒ C'est un sort‖ bien cruel, dit le merle.Mieux vaudrait‖ n'être rien, comme moi,Que d'avoir‖ pour gosier une perleEt de vivre‖ enchaîné comme toi. »
Mais l'oiseau‖ ténébreux lui soupire :« Mon malheur‖ est moins grand que le tien.Demeurer‖ sans amour, c'est le pire.Mon cœur vibre,‖ et ton cœur ne sent rien. »
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Ennéasyllabes· profil 3+6
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a tranche / branche féminine, classiqueb voir / soir masculine, classiquea triste / artiste féminine, classiqueb siffleur / douleur masculine, classiquea l'indocile / facile féminine, classiqueb non / nom masculine, classiquea rêves / grèves féminine, classiqueb iront / front masculine, classiquea merle / perle féminine, classiqueb moi / toi masculine, classiquea soupire / pire féminine, classiqueb tien / rien masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources