Poésies, 1860· Les nuits persanes· La vallée de l’union
Contrastes
QUAND tu viens à moi, je sensLe frisson du vent nocturne,Le désir, comme un encens,Brûle en mon cœur qui sert d'urne.
Les cils flottant sur tes yeuxMe charment tant que j'en souffre ;Je vais si loin dans les cieuxQue je me figure un gouffre.
Plus l'incarnat est puissantDe ta bouche si petite,Plus elle est rouge de sang,Ma blessure sans limite.
Tu me perces de poignards,Et de baumes tu m'inondes ;Aveuglés sont mes regards,Tant tes clartés sont profondes !
Oh ! verse-moi tes cheveux.Que ce vin musqué m'enivre !Ne m'épargne pas. Je veuxMourir à force de vivre.
Vers le ciel, comme la mer,Hausse-moi par la tempête.Sois le sabre ayant l'éclairQuand il décolle une tête.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a sens / encens masculine, classiqueb nocturne / d'urne féminine, classiquea yeux / cieux masculine, classiqueb souffre / gouffre féminine, classiquea puissant / sang masculine, non classiqueb petite / limite féminine, classiquea poignards / regards masculine, classiqueb m'inondes / profondes féminine, classiquea cheveux / veux masculine, classiqueb m'enivre / vivre féminine, classiquea mer / l'éclair masculine, classiqueb tempête / tête féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources