Poésies, 1860· Les nuits persanes· Fleurs de vin
Formes
NE sois pas jaloux,‖ ô mon échanson brun ;Ma blonde berceuse,‖ oh ! pas de jalousie.Restez l'un et l'autre,‖ harmonie et parfum,Qu'à vos deux beautés‖ le buveur s'extasie.
Avec grâce, enfant,‖ remplis ma coupe d'orD'un vin près duquel‖ le rubis semble pâle.Vierge, prends sur toi‖ ma tête qui s'endort,Et tends-moi ma coupe‖ avec tes doigts d'opale.
Le ciel bleu n'a point‖ la haine du soleil ;La myrrhe n'a point‖ la haine du cinname.Enlacez-vous donc‖ pour sourire au sommeilQui dompte mon corps‖ en exaltant mon âme.
Vous vous éclairez‖ l'un par l'autre si bien,Tel est le contraste‖ entre vos formes nues,Que, s'il me manquait‖ l'un de vous pour soutien,Je ne pourrais plus‖ m'enivrer sous les nues.
Pose-toi, colombe ;‖ aiglon, franchis l'azur.Mon cœur cherche un nid,‖ mon âme veut des ailes.Rêver à vous deux,‖ c'est en un joyau purUnir la rosée‖ avec les étincelles.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Hendécasyllabes· profil 5+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a brun / parfum masculine, classiqueb jalousie / s'extasie féminine, classiquea d'or / s'endort masculine, non classiqueb pâle / d'opale féminine, classiquea soleil / sommeil masculine, classiqueb cinname / âme féminine, classiquea bien / soutien masculine, classiqueb nues féminine, classiquea l'azur / pur masculine, classiqueb ailes / étincelles féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.5
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources