Poésies, 1860· Les nuits persanes· La solitaire
Le Puits
DANS le jardin, assise au bord du puitsQu'un soleil ardent‖ séchait de son hâle,Je lui contais ma‖ tristesse depuisQue j'ai vu passer‖ le cavalier pâle.
Je dis combien l'isolement m'abat,Je dis ma révolte‖ avec mes alarmes.Bien que nul pleur de‖ mes yeux ne tombât,Le puits desséché‖ se remplit de larmes.
Au bord du puits je‖ vins le lendemain ;J'aurais mieux aimé‖ la tombe profonde.Je ne dis rien, mais‖ je posai la mainSur mon cœur saignant,‖ en regardant l'onde.
Des dents de feu me‖ déchiraient le front,Je songeais aux morts‖ en qui rien ne bouge.Les pleurs sont peu pour‖ un cœur qui se rompt ;L'eau blanche du puits‖ devint du sang rouge.
Hélas ! si lui, le‖ bien-aimé, voulaitPorter son amour‖ dans mon âme sombre,Il changerait en‖ paradis completMa nuit infinie‖ et mes feux sans nombre ;
Et le vieux puits, en‖ écoutant nos douxSoupirs de pigeons‖ et rires de merles,Transformerait, pour‖ faire comme nous,Son sang en rubis,‖ ses larmes en perles.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Décasyllabes· profil 5÷5
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a puits / depuis masculine, classiqueb hâle / pâle féminine, classiquea m'abat / tombât masculine, classiqueb alarmes / larmes féminine, classiquea lendemain / main masculine, classiqueb profonde / l'onde féminine, classiquea front / rompt masculine, classiqueb bouge / rouge féminine, classiquea voulait / complet masculine, classiqueb sombre / nombre féminine, classiquea doux / nous masculine, classiqueb merles / perles féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources