Poésies, 1860· Les nuits persanes· La vallée de l’union
Le Sommeil de la Morte
POURQUOI ces vieilles femmesQui, de leurs doigts infâmes,Vont souillant ce beau corps ?Pourquoi ces longues plaintes,Pourquoi ces larmes feintes,Ces funèbres décors ?Loin d'ici l'amertume !Dans son plus beau costume,Allons ! qu'on la parfume,Au son des doux accords !
Tant que dura sa vie,Elle n'avait envieDe rien qui ne fût beau.Elle cherchait la joie,Et l'éclat de la soie,Et l'éclat du flambeau.Aussi, sans douleur sombre,Il faut charmer son ombrePar des gaîtés sans nombreAutour de son tombeau.
Pendant qu'elle sommeille,Gracieuse et vermeille,Qu'on envoie un crieurAnnoncer à la fouleDont, par les pleurs, s'écouleLe deuil extérieur,Que j'ouvre la poitrineAu premier dont la mineContredira, chagrine,Mon visage rieur !
Versification
- Forme
- 3 dizains (dizains)
- Rimes
- 3(aabccbdddb)
- Mètre
- Hexasyllabes
- Strophes
- 3 dizains
- Mots à la rime
- a femmes / infâmes féminine, classiqueb corps / décors / accords masculine, classiquec plaintes / feintes féminine, classiqued l'amertume / costume / parfume féminine, classiquea vie / envie féminine, classiqueb beau / flambeau / tombeau masculine, classiquec joie / soie féminine, classiqued sombre / ombre / nombre féminine, classiquea sommeille / vermeille féminine, classiqueb crieur / extérieur / rieur masculine, classiquec foule / s'écoule féminine, classiqued poitrine / mine / chagrine féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation gallica.bnf.fr· Sources