La chanson des gueux, 1881· Deuxième partie Gueux de paris· Les quatre saisons
IX. Soleil couchant
Dans les forêts dépouilléesDéjà les feuilles rouilléesFont un tapis de velours,Et l’on entend de l’automneGémir le chant monotoneCoupé par des sanglots lourds.
Les frileuses hirondelles,Rasant le sol de coups d’ailes,Se rassemblent à grands cris,Et tous les oiseaux sauvagesS’appellent sur les rivagesPrès des étangs défleuris.
C’est la saison triste et douceOù l’on rêve, où sur la mousseEn pleurant on vient s’asseoir,Pour voir le soleil obliqueDans le ciel mélancoliqueVerser les joyaux du soir.
Ici, pas de forêt rousse,Pas d’étangs et pas de mousse,Pas de cadre au beau tableau !Il n’y a que Notre-DameQui dans le couchant s’enflamme,Empourprée au bord de l’eau.
Mais ailleurs, le long des ruesOù vont les foules bourrues,Où tout brise l’horizon,Qui donc dans la nue ouverteVoit ta robe rose et verte,Ô douloureuse saison ?
C’est en vain que tu te paresDe tes couleurs les plus rares !Pour le gouapeur parisienLe ciel d’automne ressemble,Étant rouge et vert ensemble,Aux bocaux d’un pharmacien.
Versification
- Forme
- 6 sizains (sizains)
- Rimes
- 6(aabccb)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 6 sizains
- Mots à la rime
- a dépouillées / rouillées féminine, classiqueb velours / lourds masculine, classiquec l’automne / monotone féminine, classiquea hirondelles / d’ailes féminine, classiqueb cris / défleuris masculine, classiquec sauvages / rivages féminine, classiquea douce / mousse féminine, classiqueb s’asseoir / soir masculine, classiquec oblique / mélancolique féminine, classiquea rousse / mousse féminine, classiqueb tableau / l’eau masculine, classiquec Notre-Dame / s’enflamme féminine, classiquea rues / bourrues féminine, classiqueb l’horizon / saison masculine, classiquec ouverte / verte féminine, classiquea pares / rares féminine, classiqueb parisien / pharmacien masculine, classiquec ressemble / ensemble féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La chanson des gueux, Paris, Maurice Dreyfous, éditeur, 1881· numérisation ebooksgratuits.com· Sources