La mer, 1894· Marines
XVI. La fête du feu
C’est la fête du feu.‖ Sur l’eau même il est dieu.Aucun souffle éventeur‖ n’en rafraîchit l’effluve.Le soleil le vomit‖ à flots, comme un VésuveQui de ses laves d’or‖ couvre tout peu à peu.
Le ciel semble du soufre‖ ardent qui flambe bleu.La mer, plate, immobile,‖ où pèse un air d’étuve.Est de l’argent fondu‖ fumant dans une cuve.L’eau ne paraît plus d’eau.‖ C’est la fête du feu.
C’est la fête du feu‖ jusque dans les ténèbres.La nuit le roule en vain‖ sous ses voiles funèbres :Les flots, aidés du vent,‖ tâchent de le noyer ;
Invincible, le dieu‖ ne veut pas rendre l’âme :Il lutte ; et, devenus‖ eux-mêmes son foyer,Les flots phosphorescents‖ sont écaillés de flamme.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a dieu / peu masculine, classiqueb l’effluve / Vésuve féminine, classiquea bleu / feu masculine, classiqueb d’étuve / cuve féminine, classiquea ténèbres / funèbres féminine, classiqueb noyer / foyer masculine, classiquea l’âme / flamme féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La mer, Paris, Charpentier et Fasquelle, 1894· numérisation wikisource.org· Sources