Les caresses, 1877· Nivôse
XXVIII. « Bien souvent je ne pense à rien, comme une bête »
Bien souvent je ne pense‖ à rien, comme une bête.Soudain un mot bourdonne‖ et passe dans ma tête,Mot jadis entendu,Un de ces mots de rien‖ où vivait tout ton être ;Et je sens mille échos‖ de mon passé renaîtreDans cet écho perdu.
Je me souviens de l'an,‖ du mois, du jour, de l'heure,Et je ferme les yeux‖ sans rien dire, et je pleure.Car dans ce mot en l'airJ'entends toutes les voix‖ de ma jeunesse heureuse.Comme on entend au fond‖ d'une coquille creuseChanter toute la mer.
Versification
- Forme
- 2 sizains (sizains)
- Rimes
- 2(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et hexasyllabes (8 de 12, 4 de 6)· profil 6, 6+6
- Strophes
- 2 sizains
- Mots à la rime
- a bête / tête féminine, classiqueb entendu / perdu masculine, classiquec être / renaître féminine, classiquea l'heure / pleure féminine, classiqueb l'air / mer masculine, classiquec heureuse / creuse féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Caresses, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1877· numérisation archive.org· Sources