Les caresses, 1877· Brumaire
XXVI. Insomnie
Ah ! le sommeil aussi‖ maintenant m'est un leurre.Plein de regrets, comme un‖ cadavre est plein de vers,Je veille, le corps veule‖ et l'esprit à l'envers.Aucun songe riant‖ de l'aile ne m'effleure.
Et j'écoute sonner‖ la demie après l'heure,L'heure après la demie,‖ et toujours, à traversLes ténèbres, mes yeux‖ restent tout grands ouverts.Comme le jour est long‖ à venir, quand on pleure !
Du temps que nous dormions‖ l'un à l'autre enlacés,Quoique las, nous trouvions‖ qu'il venait vite assez.Même il venait trop tôt‖ dans nos nuits d'insomnie.
Mais mon cœur n'ayant plus‖ le tien auprès de lui,L'attente du malin‖ me paraît infinie.Comme le jour est long‖ à venir aujourd'hui !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a leurre / m'effleure féminine, classiqueb vers / l'envers masculine, classiquea l'heure / pleure féminine, classiqueb travers / ouverts masculine, classiquea enlacés / assez masculine, classiqueb d'insomnie / infinie féminine, classiquea lui / aujourd'hui masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Caresses, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1877· numérisation archive.org· Sources