Les caresses, 1877· Nivôse
XXXI. La berceuse
Malgré tout, tu fus bonne‖ et tu m'aimais vraiment.Il me faudrait mentir‖ pour dire le contraire.Aucun soupçon jaloux‖ ne vient plus me distraire,Et je vois aujourd'hui‖ quel fut ton dévouement.
Tu passas près de moi‖ plus d'un triste moment,Quand les soucis rendaient‖ mon humeur arbitraire.Mais tu savais alors‖ me chérir comme un frère ;Au lieu de m'en vouloir,‖ tu calmais mon tourment.
Pleins du trésor de tes‖ charités merveilleuses,Tes yeux bleus se faisaient‖ plus doux que des veilleuses ;Câline, tu pressais‖ sur toi mon front en feu ;
Tu me berçais avec‖ ta chanson consolante ;Et tandis que mon mal‖ s'endormait peu à peu.J'écoutais gazouiller‖ ta voix rossignolante.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a vraiment / dévouement masculine, classiqueb contraire / distraire féminine, classiquea moment / tourment masculine, classiqueb arbitraire / frère féminine, classiquea merveilleuses / veilleuses féminine, classiqueb feu / peu masculine, classiquea consolante / rossignolante féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Caresses, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1877· numérisation archive.org· Sources