Les caresses, 1877· Thermidor
I. Le pendu joyeux
Je te l'ai dit, je suis‖ à toi jusqu'au trépas.Quoi qu'il puisse arriver,‖ je ne me plaindrai pas.Je sais bien que l'amour‖ est une maladieA laquelle il n'est rien‖ de sûr qui remédie ;Je sais que d'écouter‖ l'ensorcelante voix,C'est boire à pleine gorge‖ un poison, et j'en bois.Je connais qu'on en souffre,‖ et je crains qu'on n'en meure.Mais au diable demain !‖ Je veux jouir de l'heure.Le soir où ton beau corps‖ entre mes bras tombait.Si quelqu'un m'avait dit :‖ « Ce corps est ton gibet.— Qu'on me pende, ça va,‖ j'aurais dit, et qu'on m'aime ! »Et j'aurais à mon cou‖ mis la corde moi-même.Je suis comme ce gueux‖ qui riait de la mort,Et qui sans peur, sans pleurs,‖ sans regret, sans remord,Chantait un air à boire‖ en lâchant l'existenceEt dansait une gigue‖ au bout de sa potence.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a trépas / pas masculine, classiqueb maladie / remédie féminine, classiquec voix / bois masculine, classiqued meure / l'heure féminine, classiquee tombait / gibet masculine, classiquef m'aime / moi-même féminine, classiqueg mort / remord masculine, classiqueh l'existence / potence féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Caresses, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1877· numérisation archive.org· Sources