Les caresses, 1877· Nivôse
IX. Peines perdues
Hélas ! pourquoi ces pleurs‖ dans mes yeux que j'essuie,Et pourquoi ces soupirs‖ dans ma gorge crevant ?Je ne puis rappeler‖ le passé décevant,Ni ranimer le feu‖ dans l'Âtre plein de suie.
L'amour s'est envolé,‖ la flamme s'est enfuie.A quoi bon soupirer,‖ pleurer, en y rêvant,Comme un hautbois plaintif‖ qui se nourrit de vent,Comme un vieux toit rompu‖ qui se repaît de pluie ?
Ah ! pauvre cœur troublé‖ de regrets, de remords,Tes soupirs rendront-ils‖ le souffle aux oiseaux mortsEt tes pleurs feront-ils‖ s'épanouir des roses ?
Au fond de ta douleur‖ tu peux les laisser choir ;Soupirs et pleurs, tout est‖ stérile. Tu n'arrosesQu'un linceul ; et pas même,‖ encore !… ton mouchoir.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a j'essuie / suie féminine, classiqueb crevant / décevant masculine, classiquea enfuie / pluie féminine, classiqueb rêvant / vent masculine, classiquea remords / morts masculine, classiqueb roses / n'arroses féminine, classiquea choir / mouchoir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Caresses, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1877· numérisation archive.org· Sources