Les caresses, 1877· Floréal
XIII. Sonnet romantique
Autrefois elle était‖ fière, la belle Ida,De sa gorge de lune‖ et de son teint de rose.Ce gongoriste fou,‖ le marquis de Monrose,Surnommait ses cheveux‖ les jardins d'Armida.
Mais le corbeau du temps‖ de son bec la rida.N'importe ! Elle sourit‖ à son miroir morose,Appelant sa pâleur‖ de morte une chlorose,Et son cœur est plus chaud‖ qu'une olia-podrida.
O folle, c'est en vain‖ que tu comptes tes piastres.Tes yeux sont des lampions‖ et ne sont plus des astres.Tu n'achèteras pas‖ même un baiser de gueux.
Pourtant si ton désir‖ frénétique se cabre,S'il te faut à tout prix‖ un cavalier fougueux.Tu pourras le trouver‖ à la danse macabre.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a Ida / d'Armida masculine, classiqueb rose / Monrose féminine, classiquea rida / olia-podrida masculine, classiqueb morose / chlorose féminine, classiquea piastres / astres féminine, classiqueb gueux / fougueux masculine, classiquea cabre / macabre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Caresses, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1877· numérisation archive.org· Sources