Œuvres, 1873· Appendice· II
Au cabaret-vert
Cinq heures du soir.
Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottinesAux cailloux des chemins ; j’entrais à Charleroi.Au Cabaret-Vert, je demandai des tartinesDe beurre et du jambon qui fût à moitié froid.
Bien heureux, j’allongeai les jambes sous la tableVerte ; je contemplai les sujets très naïfsDe la tapisserie. Et ce fut adorableQuand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,
‒ Celle-là, ce n’est pas un baiser qui l’épeure ! ‒Rieuse, m’apporta des tartines de beurre,Du jambon tiède dans un plat colorié,
Du jambon rose et blanc parfumé d’une gousseD’ail, et m’emplit la chope immense avec sa mousseQue dorait un rayon de soleil arriéré.
[Octobre 1870.]
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1(aabbcc)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a bottines / Charleroi masculine, classiqueb tartines / froid féminine, classiquea table / naïfs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1912· numérisation Project Gutenberg· Sources