Œuvres, 1873· Les illuminations· I. vers nouveaux et chansons
Chanson de la plus haute tour
Oisive jeunesseÀ tout asservie,Par délicatesseJ’ai perdu ma vie.
Ah que le temps vienneOù les cœurs s’éprennent !
Je me suis dit : Laisse,Et qu’on ne te voie.Et sans la promesseDe plus hautes joies,
Que rien ne t’arrête,Auguste retraite.
Ô mille veuvagesDe la si pauvre âmeQui n’a que l’imageDe la Notre-Dame :
Est-ce que l’on prieLa Vierge Marie ?
J’ai tant fait patienceQu’à jamais j’oublie.Craintes et souffrancesAux cieux sont parties.
Et la soif malsaineObscurcit mes veines.
Ainsi la prairieÀ l’oubli livrée ;Grandie et fleurieD’encens et d’ivraies ;
Au bourdon faroucheDe cent sales mouches.
Oisive jeunesseÀ tout asservie,Par délicatesseJ’ai perdu ma vie.
Versification
- Forme
- Strophes régulières
- Rimes
- 11(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a jeunesse / délicatesse féminine, classiqueb asservie / vie masculine, classiquea vienne / Laisse féminine, classiqueb s’éprennent / voie masculine, classiquec promesse / t’arrête féminine, classiqued joies / retraite masculine, classiquea veuvages / l’image féminine, classiqueb âme / Dame masculine, classiquea prie / patience féminine, classiqueb Marie / j’oublie masculine, classiquec souffrances / malsaine féminine, classiqued parties / veines masculine, classiquea prairie / fleurie féminine, classiqueb livrée / d’ivraies masculine, classiquea farouche / jeunesse féminine, classiqueb mouches / asservie masculine, classiquec délicatesse / vienne féminine, classiqued vie / s’éprennent masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1912· numérisation Project Gutenberg· Sources