Œuvres, 1873· Appendice· II
La maline
Dans la salle à manger brune, que parfumaitUne odeur de vernis et de fruits, à mon aiseJe ramassais un plat de je ne sais quel metsBelge, et je m’épatais dans mon immense chaise.
En mangeant j’écoutais l’horloge, heureux et coi.La cuisine s’ouvrit avec une bouffée,Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi,Fichu moitié défait, malinement coiffée.
Et, tout en promenant son petit doigt tremblantSur sa joue, un velours de pêche rose et blanc,En faisant, de sa lèvre enfantine, une moue,
Elle arrangeait les plats près de moi, pour m’aiser.Puis, comme ça, ‒ bien sûr pour avoir un baiser !Tout bas : « Sens donc, j’ai pris une froid sur la joue.
Charleroi, octobre 1870.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1912· numérisation Project Gutenberg· Sources