Œuvres, 1873· Premiers vers
Ma bohême
Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées.Mon paletot aussi devenait idéal.J’allais sous le ciel, Muse, et j’étais ton féal :Oh là là, que d’amours splendides j’ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma courseDes rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
Et je les écoutais, assis au bord des routes,Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttesDe rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,Comme des lyres, je tirais les élastiquesDe mes souliers blessés, un pied contre mon cœur !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 29[abab]
- Mètre
- Tétrasyllabes et octosyllabes (7 de 4, 7 de 8)· profil 4, 8
- Mots à la rime
- a crevées / féal féminine, classiqueb idéal / rêvées masculine, classiquea trou / Ourse féminine, classiqueb course / frou masculine, classiquea routes / vigueur féminine, classiqueb gouttes / fantastiques masculine, classiqueb élastiques féminine, classiquec cœur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1912· numérisation Project Gutenberg· Sources