Berthe aux grands pieds, 1899· XII
Le réveil de pépin
Brisé d’amour, près d’Alix un peu lasse,Le roi Pépin rêve et dort lourdement.Déjà le ciel pâlit ; c’est le moment :Berthe aux grands pieds va réclamer sa place.
Trop tard, hélas ! Le destin s’accomplit.Alix dira : « Que veut cette importune ? »Et Berthe enfin n’aura d’autre fortuneQue d’insister, pleurante, au pied du lit.
La pauvre enfant n’y sera point admise.Même Pépin, s’il s’éveille en sursaut,Pour n’avoir pas tout à fait l’air d’un sot,Doit croire Alix, puisqu’elle est en chemise.
Et cependant que la serve au cœur vilSonge aux détails que sa fraude comporte,La douce Berthe ouvre déjà la porte,Sans se douter qu’elle court grand péril…
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres de André rivoire, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1899· numérisation wikisource.org· Sources