Le Règne Du Silence, 1891· La vie des chambres
XIV. « Dans l'air fraîchi, venant d'où, déclose comment »
Dans l'air fraîchi, venant‖ d'où, déclose comment ?Vers moi, par la fenêtre‖ ouverte, une musiqueDéferle à petites vagues si tristement.Elle me fait à l'âme‖ un mal presque physique.Confuse comme un songe…‖ est-ce d'un piano,Est-ce d'un violon‖ méconnu qui s'affligeOu d'une voix humaine‖ en élans comme une eauD'un jet d'eau qui s'effeuille‖ en larmes sur sa tige.Ah ! La musique triste‖ en route dans le soir,Qui voyage en fumée,‖ en rubans, qui sinueEn forme de ruisseaux‖ pauvres dans l'ombre nue,Et trace de muets‖ signes sur le ciel noirOù l'on peut suivre et lire‖ un peu sa destinéeDont les lignes du son‖ tracent la preuve innée,Chiromancie éparse,‖ oracle instrumental !
Puis s'embrouille dans l'air‖ la musique en partance,Éteignant peu à peu‖ ses plaintes de cristalQu'on s'obstine à poursuivre‖ aux confins du silence.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3[abab] 1[abba] 1[aa]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6÷6
- Mots à la rime
- a comment / tristement masculine, classiqueb musique / physique féminine, classiquec piano / eau masculine, classiqued s'afflige / tige féminine, classiquee soir / noir masculine, classiquef sinue / nue féminine, classiqueg destinée / innée féminine, classiqueh instrumental / cristal masculine, classiquea partance / silence féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Règne Du Silence, Paris, BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER, 1891· numérisation poesies.net· Sources