Le Règne Du Silence, 1891· La vie des chambres
XVII. « Les chambres, dans le soir, meurent réellement »
Les chambres, dans le soir,‖ meurent réellement :Les persiennes sont des‖ paupières se fermantSur les yeux des carreaux‖ pâles où tout se brouille ;Chaque fauteuil est un‖ prêtre qui s'agenouillePour l'entrée en surplis‖ d'une extrême-onction ;La pendule dévide‖ avec monotonieLes instants brefs de son‖ rosaire d'agonie ;Et la glace encor claire‖ offre une assomptionOù l'on devine, au fond‖ de l'ombre, un envol d'âmeQuotidienne détresse !‖ âme blanche du jourQui nous quitte et nous laisse‖ orphelins de sa flamme !Car chaque soir‖ cette douleur est de retourDe la mort du soleil‖ en adieu sur nos tempesEt de l'obscurité‖ de crêpe sur nos mains.Ô chambres en grand deuil‖ où jusqu'aux lendemainsNous consolons nos yeux‖ avec du clair de lampes !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 2[aa] 2[abba] 1[abab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a réellement / fermant masculine, classiqueb brouille / s'agenouille féminine, classiquec extrême-onction / assomption masculine, classiqued monotonie / d'agonie féminine, classiquee d'âme / flamme féminine, classiquef jour / retour masculine, classiqueg tempes / lampes féminine, classiqueh mains / lendemains masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Règne Du Silence, Paris, BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER, 1891· numérisation poesies.net· Sources