Le Règne Du Silence, 1891· La vie des chambres
VII. « Les vitrages de tulle en fleur et de guipures »
Les vitrages de tulle‖ en fleur et de guipuresPendent sur les carreaux‖ en un blanc nonchaloir ;On y voit des bouquets‖ comme des découpuresAdhérant sur la vitre‖ au verre déjà noir.Mais le tulle est si loin,‖ encor qu'il les effleure,Et ne s'y mêle pas,‖ en vivant à côté ;Les blancheurs des rideaux‖ n'étant au fond qu'un leurreQui laisse aux carreaux froids‖ toute leur nudité !Et leurs frimas figés,‖ flore artificielle,Ne font pas oublier‖ aux vitres d'autres soirsOù de réelles fleurs‖ naissent des carreaux noirs,Des fleurs que la gelée‖ élabore et nielle,— Au lieu de ce grésil‖ de linge mensonger —Songe de fleurs qui ne‖ leur est plus étranger,Blancheurs où leur cristal‖ se sent brusquement vivre,Ramages incrustés‖ dans le verre, et brodésSur les carreaux qui s'en‖ sont tout enguirlandés,Rideaux incorporés‖ en dentelles de givre !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 2[abab] 2[abba] 1[aa]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a guipures / découpures féminine, classiqueb nonchaloir / noir masculine, classiquec effleure / leurre féminine, classiqued côté / nudité masculine, classiquee artificielle / nielle féminine, classiquef soirs / noirs masculine, classiqueg mensonger / étranger masculine, classiqueh vivre / givre féminine, classiquei brodés / enguirlandés masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Règne Du Silence, Paris, BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER, 1891· numérisation poesies.net· Sources