Le Règne Du Silence, 1891· La vie des chambres
X. « Quand le soir est tombé dans la chambre quiète »
Quand le soir est tombé‖ dans la chambre quièteMélancoliquement,‖ seul le lustre émietteSon bruit d'incontenté‖ dans le silence clos.Lustre toujours vibrant‖ comme un arbre d'échos,Lustre aux calices fins‖ en verre de VeniseOù la douleur de la‖ poussière s'éternise,Mais en gémissements‖ qu'à peine on remarqua,Grêles comme un chagrin‖ lointain d'harmonica.C'est une panoplie‖ aux cliquetis de verreOù l'on entend le bruit‖ blessé qui persévère ;C'est un grand reliquaire‖ à l'aspect végétalOù d'invisibles pleurs,‖ captifs dans le cristal,Roulent en sons mouillés‖ parmi les pendeloques.Lustre, fontaine blanche‖ aux givres équivoques ;Lustre, jet d'eau gelé,‖ mais où l'eau souffre encor…Ce lustre, c'est mon cœur‖ visible en ce décorQui frissonne en sourdine‖ et sans cesse s'afflige,Jet d'eau fleurdelisé‖ dont la plainte se fige !
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a quiète / émiette féminine, classiqueb clos / d'échos masculine, classiquec Venise / s'éternise féminine, classiqued remarqua / d'harmonica masculine, classiquee verre / persévère féminine, classiquef végétal / cristal masculine, classiqueg pendeloques / équivoques féminine, classiqueh encor / décor masculine, classiquei s'afflige / fige féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Règne Du Silence, Paris, BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER, 1891· numérisation poesies.net· Sources