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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Les Vies Encloses, 1896· Les malades aux fenêtres

XVIII. « Convalescence : ô la fraîcheur brusque et câline »

Georges Rodenbach· strophes variées, alexandrins, 36 vers

Convalescence : ô la‖ fraîcheur brusque et câlineQuand la fièvre dont on‖ brûlait s'éteint soudain ;Douceur sur soi‖ d'un pansement de mousseline,Fraîcheur sur soi du vent,‖ de la mer, de l'étain.On se sent comme dans‖ une longue avenueDont le feuillage, blanc‖ de lune, qui remueVous évente de son‖ ombre si calmementEt refroidit en vous‖ les charbons de la fièvre.Ah ! ce bonheur confus‖ du recommencement !Cette humide fraîcheur‖ née au seuil de la lèvre,Comme d'avoir baisé‖ l'or de quelque bijou !D'où viennent tout à coup‖ ces impressions fraîchesQui se fondent et qui‖ se propagent jusqu'où ?Est-ce du lustre ?‖ Est-ce du verre des bobèchesDont on sent, dans sa bouche‖ en feu, le givre entré ?Est-ce de la cornette‖ au beau linge lustréDont la Sœur qui nous veille‖ a fait palpiter l'aile ?Ou bien est-ce le vent ?‖ Ou bien encor pleut-ilEt c'est-il de la pluie‖ en écheveau subtilQui soudain au rouet‖ de notre âme s'emmêle ?

Convalescence ! Doux‖ mélange : pluie et soir,Linges, cristal,‖ et vendanges de raisin noir !Tout ce qui rafraîchit,‖ tout ce qui désaltère ;Convalescence si‖ printanière… Elle aèreComme une brise ;‖ elle refroidit comme une eau ;On dirait qu'elle se‖ répand parmi les chambresEt sur le lit, si frais‖ qu'il en semble nouveau ;On s'y déplie ; on y‖ dorlote tous ses membres ;C'est fini maintenant,‖ la fièvre et ses charbons !Les draps sont ventilés ;‖ ils ont des frimas bons ;Unanime fraîcheur‖ de toute cette toile ;Si fraîche que c'est comme‖ un bain dans une étoile !Délice de revivre‖ et d'avoir prévalu ;Instant bénin qui semble,‖ après la caniculeEt des marches dans un‖ chemin qui se recule,L'accueil d'une prairie‖ où longtemps il a plu.

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
4[abab] 6[aa] 2[abba]
Mètre
Alexandrins· profil 6=6
Mots à la rime
a câline / mousseline féminine, classiqueb soudain / l'étain masculine, classiquec avenue / remue féminine, classiqued calmement / recommencement masculine, classiquee fièvre / lèvre féminine, classiquef bijou / jusqu'où masculine, classiqueg fraîches / bobèches féminine, classiqueh entré / lustré masculine, classiquei l'aile / s'emmêle féminine, classiquej pleut-il / subtil masculine, classiquea soir / noir masculine, classiqueb désaltère / aère féminine, classiquec eau / nouveau masculine, classiqued chambres / membres féminine, classiquee charbons / bons masculine, classiquef toile / étoile féminine, classiqueg prévalu / plu masculine, classiqueh canicule / recule féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vies Encloses, Paris, BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER, 1896· numérisation poesies.net· Sources