Les Vies Encloses, 1896· La tentation des nuages
I. « En vain les vitres glauques des vieilles maisons »
En vain les vitres‖ glauques des vieilles maisonsSont un rempart de verre‖ humble qui s'interposeEntre la vie en fièvre‖ et la calme âme enclose,Elles n'ont qu'embrumé‖ l'appel des horizons.
Le lointain ciel sans cesse‖ y passe et les aèreDu prestige de ses‖ beaux voyages tentants ;Et les nuages qui‖ sont les robes du tempsSe reposent parmi‖ ces armoires de verre.
Les midis, d'un vaste or‖ fluide, le soir mauve,L'aube, tout ce qui passe‖ et part incessamment,Vient tenter l'âme en songe‖ et qui se croyait sauveDerrière le cristal‖ de son renoncement.
Ah ! les vitres, toujours‖ reprises par la Vie,Qui, reflétant la vaine‖ ivresse du départ,Sont complices du ciel‖ en marche qui convie,Comme s'il y avait‖ le bonheur autre part !
Tentation dans les‖ vitres fallacieusesQui propagent, en l'ombre‖ intime des maisons,La vagabonde humeur‖ des changeants horizonsEt leurs roses et leurs‖ flammes silencieuses.
Et tu souffres, pauvre âme‖ enclose, qui songeaisDans le sage insouci‖ des âmes qui renoncent,Car les vitres qui s'éclaircissent‖ ou se foncentS'emplissent de l'ardeur‖ fiévreuse des projets.
Les vitres ont trahi !‖ Demeures mal gardées !Mais les vitres déjà,‖ pour avoir accueilliLes vieux couchants, ont pris‖ soudain un air vieilli,Courtisanes que les‖ nuages ont fardées !
Versification
- Forme
- 7 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 5(abba) 2(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a maisons / horizons masculine, classiqueb s'interpose / enclose féminine, classiquea aère / verre féminine, classiqueb tentants / temps masculine, classiquea mauve / sauve féminine, classiqueb incessamment / renoncement masculine, classiquea Vie / convie féminine, classiqueb départ / part masculine, classiquea fallacieuses / silencieuses féminine, classiquea songeais / projets masculine, classiqueb renoncent / foncent féminine, classiquea gardées / fardées féminine, classiqueb accueilli / vieilli masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vies Encloses, Paris, BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER, 1896· numérisation poesies.net· Sources