Les Vies Encloses, 1896· Les malades aux fenêtres
I. « La maladie est un clair-obscur solennel »
La maladie est un‖ clair-obscur solennel,L'instant mi-jour, mi-lune,‖ angoissant crépuscule !Dans l'ombre qui s'amasse,‖ un reste de jour brûle ;Reverra-t-on la vie‖ au delà du tunnel ?La maladie est une‖ crise de lumière ;On sent planer‖ l'ombre de l'aile de la mort ;Quelque chose pourtant‖ d'avant-céleste en sortEt répand une paix‖ d'indulgence plénière.Lente épuration !‖ Chaste ennoblissementDe tout l'être par on‖ ne sait quel charme occulte.Est-ce par la pâleur,‖ par l'amaigrissementQui fait que le visage‖ en ivoire se sculpte ?On se croirait un autre ;‖ on se semble être ailleurs ;On voit mieux ; on s'exhausse‖ à des rêves meilleurs ;On a comme soudain‖ en main un bréviaire ;Ah ! qu'on est loin !‖ Est-ce qu'on habite une tour ?Épreuve, demi-vie,‖ état intermédiaire ;On se sent anormal‖ tel qu'un cierge en plein jour !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 2[abba] 2[abab] 1[aa]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a solennel / tunnel masculine, classiqueb crépuscule / brûle féminine, classiquec lumière / plénière féminine, classiqued mort / sort masculine, classiquee ennoblissement / l'amaigrissement masculine, classiquef occulte / sculpte féminine, classiqueg ailleurs / meilleurs masculine, classiqueh bréviaire / intermédiaire féminine, classiquei tour / jour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vies Encloses, Paris, BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER, 1896· numérisation poesies.net· Sources