Les Vies Encloses, 1896· Le voyage dans les yeux
IV. « Quelques femmes, dans leurs prunelles sensitives »
Quelques femmes, dans leurs‖ prunelles sensitives,Ont des ombres et des‖ lueurs alternatives ;Il y fait noir ou clair‖ à leur guise ; on diraitDerrière la cloison‖ transparente des tempesQu'on baisse tour à tour‖ et qu'on monte des lampes.Au fil des yeux dormants‖ quelle est cette forêtDont les arbres, qu'on ne‖ voit pas, mirent leurs palmesEt leurs cimes, une minute,‖ en frissons calmes ?Dentelle obscure dont‖ ils sont passementés,Franges, ombre qui vient‖ de quelque rive adverse,Ô regards par cette ombre‖ éphémère éventés !Une autre fois, quel ciel‖ intime s'y renverseDont les soucis, que nul‖ ne connaît, font pourtantUne tache de grands‖ nuages pleins de pluie ?Nuit et soleil, en un‖ dosage intermittent !Puis assombrissement‖ total, lumière enfuie…Tout s'y brouille, rien ne‖ survit à leur niveauComme quand un grand vent‖ a couru sur une eau !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 3[aa] 1[abba] 2[abab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a sensitives / alternatives féminine, classiqueb dirait / forêt masculine, classiquec tempes / lampes féminine, classiqued palmes / calmes féminine, classiquee passementés / éventés masculine, classiquef adverse / renverse féminine, classiqueg pourtant / intermittent masculine, classiqueh pluie / enfuie féminine, classiquei niveau / eau masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vies Encloses, Paris, BIBLIOTHÈQUE CHARPENTIER, 1896· numérisation poesies.net· Sources