Dans Les Brandes, 1877
Les petits taureaux
Ils ont pour promenoirDes vallons verts et mornes.Quels prés, matin et soir,Ils ont pour promenoir !A peine à leur front noirOn voit poindre les cornes.Ils ont pour promenoirDes vallons verts et mornes.
Ils ne peuvent resterUne minute en place.Où qu'ils soient à brouter,Ils ne peuvent rester.Aussi font-ils pesterLe vacher qui se lasse.Ils ne peuvent resterUne minute en place.
Autour des grands taureauxTous trois font les bravaches !Quels meuglements ! quels trotsAutour des grands taureaux !Ils ne sont pas bien gros,Mais ils courent les vaches !Autour des grands taureaux,Tous trois font les bravaches !
Chacun fait plus d'un sautSur la génisse blonde.Pour elle quel assaut !Chacun fait plus d'un saut.Elle en a l'air tout sot,La pauvre pudibonde.Chacun fait plus d'un sautSur la génisse blonde.
Le pauvre petit chienFortement les agace.Il est si bon gardien,Le pauvre petit chien.Si tous trois sont très bien,Avec plus d'une agaceLe pauvre petit chienFortement les agace.
Il est estropiéPar les coups qu'il attrape,A toute heure épié,Il est estropié.De la tête et du piedC'est à qui d'eux le frappe.Il est estropiéPar les coups qu'il attrape.
Quand ils sont altérésIls vont boire à la Creuse.Ils s'échappent des présQuand ils sont altérés.Oh ! les doux effarésSur la côte pierreuse !Quand ils sont altérés,Ils vont boire à la Creuse.
Ils marchent dans les buis,Lents comme des tortues ;Sur le bord où je suisIls marchent dans les buis.Leurs pieds n'ont pour appuisQue des roches pointues ;Ils marchent dans les buisLents comme des tortues.
Moi, je fume, observantLe liège de ma ligneQui bouge si souvent ;Moi, je fume, observant ;Eux, vont le mufle au vent,La prunelle maligne ;Moi, je fume, observantLe liège de ma ligne.
Ils s'arrêtent fourbusSous l'orme ou sous le tremble.Dans les endroits herbusIls s'arrêtent fourbus.Joignant leurs nez camusIls se lèchent ensemble.Ils s'arrêtent fourbusSous l'orme ou sous le tremble.
A vous ces trioletsQue j'ai faits sur la brande !Chers petits bœufs follets,A vous ces triolets.Aux prés ruminez-les,La saveur en est grande ;A vous ces trioletsQue j'ai faits sur la brande
Oh ! quel charme ! C'étaitPar une nuit d'automne ;Le grillon chuchotait.Oh ! quel charme c'était !L'étang brun reflétaitLa lune monotone.Oh ! quel charme ! C'étaitPar une nuit d'automne !
Versification
- Forme
- 12 triolets (strophes variées)
- Rimes
- 12(ABaAabAB)
- Mètre
- Hexasyllabes
- Strophes
- 12 triolets
- Mots à la rime
- a promenoir / soir masculine, classiqueb mornes / cornes féminine, classiquec promenoir / noir masculine, classiquea rester / brouter masculine, classiqueb place / lasse féminine, classiquec rester / pester masculine, classiquea taureaux / trots masculine, classiqueb bravaches / vaches féminine, classiquec taureaux / gros masculine, classiquea saut / assaut masculine, classiqueb blonde / pudibonde féminine, classiquec saut / sot masculine, classiquea chien / gardien masculine, classiqueb agace féminine, classiquec chien / bien masculine, classiquea estropié / épié masculine, classiqueb attrape / frappe féminine, classiquec estropié / pied masculine, classiquea altérés / prés masculine, classiqueb Creuse / pierreuse féminine, classiquec altérés / effarés masculine, classiquea buis / suis masculine, classiqueb tortues / pointues féminine, classiquec buis / appuis masculine, classiquea observant / souvent masculine, classiqueb ligne / maligne féminine, classiquec observant / vent masculine, classiquea fourbus / herbus masculine, non classiqueb tremble / ensemble féminine, non classiquec fourbus / camus masculine, classiquea triolets / follets masculine, classiqueb brande / grande féminine, classiquec triolets / ruminez-les masculine, classiquea C'était / chuchotait masculine, classiqueb d'automne / monotone féminine, classiquec c'était / reflétait / C'était masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.1· écart moyen à la rime classique 0.2
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
96 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Dans Les Brandes, Poèmes Et Rondels, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, EDITEURS, 1883· numérisation poesies.net· Sources