Fin d’œuvre, 1919· Les songes (Dernières poésies)
L’amour
L’amour est pour chacun l’éternelle aventureA laquelle rien ne soustrait.Le mystique le plus abstraitPar là retombera toujours dans la nature.
Personne qui n’éprouve apparent ou secretCe délice qui vous torture,Vous guette et vous poursuit non moins que le regret,Fatal comme la pourriture,
La chair n’aspire qu’à la chair,Il faut en son vœu le plus cherQue la bête soit exaucée.
Tôt ou tard l’homme frémissantN’est qu’une démence de sangOù tourbillonne la pensée.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources