Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Fin d’œuvre, 1919· Vers écrits en manière de dédicace…

Sonnet en réponse

Maurice Rollinat· 14 vers

A Charles Frémine.

SONNET FUNÈBRE A Maurice Rollinat. Vous recherchez l’odeur âcre des pourritures, Les clartés de la lampe aux voûtes des caveaux, Et vous interrogez au fond des sépultures Les crânes dont les vers ont mangé les cerveaux ; Sous l’écorce des chairs, les jaunes ossatures Ont pour vous des attraits effrayants et nouveaux, Et vous dormez aux bras d’infâmes créatures Pour nous mieux détailler leurs monstrueux travaux ! L’ange de Baudelaire, aux noirs vaincus fidèle, Attache à votre lyre un bouquet d’asphodèle Cueilli dans les jardins du chantre du Corbeau. O poète ! ô chercheur ! bravez les pudeurs fausses ! Entrez aux lupanars et violez les fosses, Car vous serez un jour l’Œdipe du tombeau. 31 octobre 1872. Charles FRÉMINE

Toi, tu vis dans l’azur, et moi dans les abîmes !Et, tandis que mes vers pleins de brume et de fielOnt des parfums de mort, de débauche et de crimes,Les tiens ont la saveur du lait frais et du miel.

Moi, j’enchâsse l’horreur dans d’infernales rimes,Et j’enfonce en mon âme un morbide scalpel ;Toi tu chantes l’amour et le beau tu l’exprimes ;Satan ne t’a jamais fait un nocturne appel.

Et pourtant mon esprit vers ton esprit se penche,Et mon spleen ténébreux, lorsqu’en toi je m’épanche,Aux bras de ta gaieté pour un instant s’endort,

C’est que toi radieux, et moi rongé d’alarmes,Tous deux nous nous chauffons à l’Art, ce soleil d’orQui jette ses rayons aux hideurs comme aux charmes !

Avril 1873.

14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fin d’œuvre, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1919· numérisation crcrosnier.fr· Sources