L’abîme, 1886
L’âme
L’Âme s’épanche en elle seule.Le corps, ce mannequin distraitN’en peut donner qu’un louche extraitAvec sa mimique si veule.
Front cynique ou face bégueuleN’est que le dessus du portrait :Un abîme toujours discretEntre Deux Cœurs étend sa gueule.L’Âme s’épanche en elle seule.
Quand l’âge l’a rendue aïeule,Plus rien d’elle ne transparaît.Le sphinx a-t-il usé la meuleDe son doute et de son regret ?Livre-t-il déjà son secretÀ la nuit qui nous enlinceule ?…L’Âme s’épanche en elle seule.
Versification
- Forme
- Quatrains
- Rimes
- 2(abba) 1(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (10 de 12, 4 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 2 quatrains, 1 sizain
- Mots à la rime
- a seule / veule masculine, classiqueb distrait / extrait féminine, classiquea bégueule / gueule féminine, classiqueb portrait / discret masculine, non classiquec seule / aïeule masculine, classiqueb transparaît / secret féminine, non classiquec meule / regret masculine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 2.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’abîme, Paris, G.CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1886· numérisation wikisource.org· Sources