L’abîme, 1886
L’égoïsme
« La mort nous ayant mis dans sa barque à couvercle« Descendra notre oubli sur son fleuve sans fin ;« En attendant, la vie atroce nous encercle« Avec son gain, son rut et sa soif et sa faim.
« Il vaut mieux être dans que par-dessus la fosse !« Le survivant pâtit du cœur et de la main !« Heureux les libérés de leur service humain ! »— Ainsi parle et conclut la société fausse.
Et cependant tout homme osant la véritéDirait que son remords est sa nécessité,Qu’il lui faut le tourment des vices qui l’infestent.
Qu’il adhère à son mal, se noue à son ennui,Et qu’il est bien cent fois trop enterré dans luiPour envier les morts et plaindre ceux qui restent.
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abab baba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a couvercle / encercle féminine, classiqueb fin / faim masculine, classiquea fosse / humain masculine, classiqueb main / fausse féminine, classiquea vérité / nécessité féminine, classiqueb l’infestent / lui masculine, classiquea ennui / restent féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’abîme, Paris, G.CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1886· numérisation wikisource.org· Sources