L’abîme, 1886
L’empoisonneur
L’homme est le timoré de sa vicissitude,Creuseur méticuleux de ses mauvais effrois,Il s’invente un calvaire, il se forge des croixEt reste prisonnier de son inquiétude.
C’est pourquoi sa détresse emplit la solitude ;Il opprime l’espace avec son propre poids,Et dans l’immensité, comme dans de la poix,Traîne son infini dont il a l’habitude.
Contagieux d’ennui, de fiel et de poison,Il insuffle son âme au ciel, à l’horizon,Qui deviennent un cadre où vit sa ressemblance.
Et retrouvé partout, son fantôme qu’il fuit,Contaminant le jour et dépravant la nuit,Fait frissonner le calme et grincer le silence.
Versification
- Mètre
- Octosyllabes
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’abîme, Paris, G.CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1886· numérisation wikisource.org· Sources