L’abîme, 1886
L’expérience
À mesure que le temps fuitNous voyons que tout est semblance,Vaine enveloppe, faux enduit ;Que Demain remplace Aujourd’huiDans une fixe équivalence,Que c’est le Mal qui nous séduitEt que la vertu se réduitQuand on la pèse à la balance.
Notre âme alors devient l’étuiD’un poison plein de virulence ;Le deuil mêle ses coups de lanceAux coups d’épingle de l’ennui,Et le Démon qui nous a nuiActive encor sa vigilance.
Cependant que le jour, la nuit,Où qu’on se traîne, où qu’on s’élance,Un double fantôme nous suitQui nous hèle et qui nous relance :La Vie humaine avec son bruitEt la Mort avec son silence.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef ggf
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a fuit / Aujourd’hui féminine, classiqueb semblance / enduit masculine, classiquec équivalence / balance masculine, classiqued séduit / réduit féminine, classiquea l’étui / virulence masculine, classiqueb lance / vigilance féminine, classiquec l’ennui / nui masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’abîme, Paris, G.CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1886· numérisation wikisource.org· Sources