La nature, 1892
Au jardin
De la pensée à la rose,Du chèvrefeuille au lilas,Court l’insecte jamais las.Il vit, ni gai, ni morose,En ses jours neutres et platsL’existence d’une chose,Sans désirs et sans hélas,Au milieu des falbalasDe la fleur nouvelle éclose.Il ignore qu’il se poseSur un velours du trépasQuand il pompe les appasDe la pensée.
Inconscient de sa cause,De son vol ou de ses pas,Il ne se dit pas tout bas,Brusquement, dans une pause :Que la nature ici-basDétruit ce qu’elle compose !…Ou du moins, je le suppose…Car, pourquoi n’aurait-il pasAutant que moi la névroseDe la pensée ?
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef gfg
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 2 de 8)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a rose / morose féminine, classiqueb lilas / las masculine, classiquec plats / falbalas masculine, classiqued chose / hélas féminine, non classiquee éclose / pose féminine, classiquef trépas / pensée masculine, classiqueg appas / cause féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
23 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources